Mardi 28 juin 2005

Le Solex revient à toute allure
Deux-roues Le mythique cyclomoteur, qui ne dépasse pas les 35 km/h, est à nouveau fabriqué

 Si ce n’est pas un Solex, c’est son frère. Depuis le début du mois, la société Mopex, à Courrières (Pas-de-Calais), commercialise le Black’n Roll, reproduction améliorée du célèbre S 3800, le mythique « vélo qui roule tout seul ». Attention, il ne s’agit pas d’une nouvelle contrefaçon du fameux deux-roues, dont la fabrication avait été abandonnée en 1988 par MBK. Dominique Chalmont, PDG de Mopex, avait en effet racheté les plans du cyclomoteur la même année. S’il n’a pu s’approprier son nom (détenu par un groupe italien), il s’est quand même lancé dans l’aventure.

Après avoir vainement prospecté en Hongrie dans les années 1990, Dominique Chalmont trouve un soutien inattendu en Chine. Début 2001, Hongdu, un groupe aéronautique qui produisait de pâles copies du Solex pour le marché chinois, contacte le Nordiste. Le mariage se fait, les Asiatiques construiront l’essentiel des pièces avant de les expédier en France, où Mopex les assemblera. En 2004, grâce à l’ajout d’un pot catalytique, la société obtient l’autorisation de conquérir le marché européen. Quelques mois plus tard, le carnet de commandes est plein. « On a presque du mal à répondre à toutes les demandes », se réjouit Dominique Chalmont, qui déménagera l’an prochain dans une usine de 1500 m2, avec un objectif de production annuelle de 10 000 unités à l’horizon 2007 contre 3 000 cette année.

Bobos et autres nostalgiques des années yéyé sont séduits par cette machine, qui évoque une période d’insouciance et d’optimisme. Mais c’est à l’étranger que le Black’n Roll enregistre son plus gros succès. Assimilé à une douceur de vivre « à la française », il suscite l’enthousiasme un peu partout en Europe. Egalement présent dans les mégapoles nord-américaines, où il est perçu comme un objet chic, il commence à s’imposer en Amérique latine, intéressant les classes laborieuses, à l’image des Français qui l’utilisaient autrefois pour aller à l’usine. Là-bas, la légende ne fait peut-être que commencer. Jonathan Barbier